top of page
En détail
Sources

Œsophagites (généralités)

code CISP-2 : D84

code CIM-10 : K20

résumé

En résumé

  • Symptomatologie générale : parfois asymptomatique, dysphagie, odynophagie, douleurs rétro-sternales...

  • Complications : ulcère de l'œsophage, sténose, hémorragie, perforation, endobrachyœsophage...

  • Confirmation diagnostique de l'œsophagite par endoscopie œso-gastro-duodénale (EOGD)

  • Nombreuses causes d'œsophagites :

    • Peptique (compliquant un reflux gastro-œsophagien (RGO))

    • Infectieuses : fongiques (candidose œsophagienne), virales (HSV, CMV, VZV, EBV, HPV...), bactériennes (tuberculose...)

    • À éosinophiles

    • Iatrogènes : médicamenteuses, radiques, instrumentales

    • Caustiques : ingestion volontaire ou accidentelle

    • Cancéreuses

    • Associées à une maladie systémique (sclérodermie...)

    • Lors du syndrome de Mallory-Weiss

détail

En détail

Symptomatologie générale : parfois asymptomatique, dysphagie, odynophagie, douleurs rétro-sternales...

Il existe des spécificités selon la cause de l'œsophagite :

Œsophagite peptique

Remarques

Cause la plus fréquente d'œsophagite

Orientation clinique

RGO associé : pyrosis et régurgitations

Orientation endoscopique

- Inflammation et érosions au niveau de la partie basse de l’œsophage, à proximité de la jonction avec l’estomac

- Classifications endoscopiques (Savary-Miller, Los Angeles...) selon le stade de sévérité :

> non sévère ;

> sévère ;

> compliquée d'un ulcère de l'œsophage, d'une sténose œsophagienne, d'un endobrachyœsophage.

Principes de prise en charge

- Mesures hygiéno-diététiques pour limiter le RGO

- Traitement par IPP (inhibiteurs de la pompe à protons)

Œsophagites infectieuses

Fongiques : Candidoses œsophagiennes +++

Remarques

Candida albicans = cause la plus fréquente d'œsophagite infectieuse

Orientation clinique

- Association possible à une candidose oro-pharyngée

- Contexte d'immunodépression (VIH, corticothérapie...) ou de modification de la flore microbienne (antibiothérapie...)

Orientation endoscopique

- Plaques blanchâtres, adhérentes à la muqueuse œsophagienne avec parfois présence d'ulcérations

- Prélèvements pour confirmation histologique de l'infection

Principes de prise en charge

- Traitement antifongique par voie générale (fluconazole)

- Traitement de la cause

Virales

Remarques

- HSV (Herpes Simplex Virus) : cause la plus fréquente d'œsophagite virale ;

- CMV (Cytomegalovirus) ;

- EBV (Epstein-Barr Virus) ;

- VZV (Virus Varicelle-Zona) ;

- HPV (Human Papillomavirus)...

Orientation clinique

Complication plus fréquente en contexte d'immunodépression

Orientation endoscopique

- Vésicules et ulcérations œsophagiennes : multiples petites ulcérations profondes évocatrices de HSV ; larges ulcérations superficielles évocatrices de CMV

- Prélèvements pour confirmation histologique de l'infection

Principes de prise en charge

- Traitement antiviral par voie générale (orale ou intraveineuse), en cas de HSV et de CMV surtout

Bactériennes (mycobacteries, polymicrobiennes...) : rares ++ (contexte d'immunodépression)

Parasitaires : rares +++ (contexte d'immunodépression)

Œsophagite à éosinophiles (EoE)

Remarques

- Physiopathologie complexe : origine allergique et dysimmunitaire, prédisposition génétique

- Relations complexes entre EoE et RGO

Orientation clinique

- Dysphagie et impactions alimentaires œsophagiennes chez le sujet jeune

- Pyrosis, nausées, vomissements, douleurs épigastriques, difficultés d'alimentation, retard de croissance chez l'enfant

- Terrain allergique évocateur

- Résistance au traitement par IPP en cas de diagnostic clinique de RGO

Orientation endoscopique

- Anneaux circulaires donnant un aspect "pseudo-trachéal", sillons longitudinaux, exsudats (dépôts blanchâtres), sténoses, décollements muqueux...

- La muqueuse œsophagienne peut avoir un aspect normal dans 10 à 25% des cas.

- Diagnostic reposant sur les biopsies : l'infiltration de la muqueuse œsophagienne par des éosinophiles (>15/champ) est obligatoire pour le diagnostic mais n'est pas pathognomonique.

Principes de prise en charge

- Traitement médicamenteux :

> Essai de traitement par IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) double dose pendant 2 mois ;

> En cas d'échec des IPP (persistance lors du contrôle par endoscopie + biopsies) :

corticoïdes topiques ingérés (Jorveza® (budesonide), fluticasone) pendant 6 à 12 semaines.

- Régime alimentaire d'exclusion des principaux allergènes alimentaires, puis réintroduction progressive des aliments pour permettre d'identifier le ou les allergènes responsables (produits laitiers (50–60%), blé (28 à 60%), légumineuses (soja, noix) (10–25%), œufs (5-28%), poissons et fruits de mer (20%)).

- Dilatation endoscopique en cas de sténose responsable de dysphagie

Œsophagites iatrogènes

Médicamenteuses

Remarques

Médicaments les plus fréquemment en cause :

- certains antibiotiques et notamment les cyclines ++ ;

- les biphosphonates (alendronate surtout) ;

- les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens)

 les sels de fer ;

- le chlorure de potassium ;

- le kayexalate® ;

- le dabigatran ;

- la quinidine ;

l'isotrétinoïne per os ;

- les agents anti-cancéreux cytotoxiques et notamment les taxanes ;

la colchicine...

Orientation clinique

- Contexte : prise d'un traitement connu pour causer des lésions œsophagiennes

- Douleur apparaissant quelques heures après la prise du médicament

- Présence de facteurs prolongeant le contact du médicament avec la muqueuse œsophagienne :

> liés aux conditions de prise : médicament avalé avec trop peu d'eau ou juste avant de s'allonger ; forme gélule, gros comprimé...

> liés à des anomalies de l'œsophage ou à des ralentissements du transit œsophagien.

Orientation endoscopique

- Érosions, ulcérations superficielles ovalaires ou circulaires à bords nets (à l'emporte-pièce), par contact direct

- Parfois observation, en histologie, de cristaux dans le fond de l'ulcération, pouvant orienter vers un médicament précis

Principes de prise en charge

- Mesures de prévention : 

> prendre les médicaments en position debout ou assise ;

> les avaler avec un grand verre d'eau ;

> attendre au moins une demi-heure après la prise avant de s'allonger ;

> privilégier l'utilisation des formes orodispersibles ou orales liquides.

- Si possible, stopper le médicament en cause en cas de lésions œsophagiennes : les lésions œsophagiennes par contact direct sont le plus souvent réversibles à l'arrêt du traitement (délai de guérison pouvant dépasser 2 semaines).

- Un traitement antiacide ou antalgique est parfois justifié pour soulager le patient.

Radiques

Remarques

- "Aiguë" si survient dans les 90 jours suivant le début de la radiothérapie.

- En cas de radiothérapie thoracique, surtout pour les cancers pulmonaires et œsophagiens.

- Les facteurs de risque cliniques identifiés sont : l’âge, le sexe féminin, un indice de performance initial bas, un indice de masse corporelle pré-thérapeutique bas, l'existence d’une dysphagie pré-thérapeutique, un stade tumoral ou ganglionnaire élevé, la dose délivrée, la radiothérapie accélérée hyperfractionnée, une chimiothérapie, notamment concomitante, et la réponse (partielle ou complète) au traitement.

Clinique

- Utilisation d'échelles cliniques évaluant la dysphagie et les difficultés d'alimentation :

> classification du RTOG (Radiation Therapy Oncology Group)

> classification de la CTCAE (Common Terminology Criteria for Adverse Event)

Orientation endoscopique

- Érythème, érosions, ulcérations, sténoses...

- Utilisation de scores endoscopiques (de Kuwata)

Principes de prise en charge

- Prise en charge peu codifiée.

- Traitements symptomatiques : IPP, pansements œso-gastriques, anesthésiques topiques, antalgiques de palier OMS adapté ;

- Support nutritionnel

Instrumentales

Remarques

Suite à certaines interventions à buts diagnostique ou thérapeutique, notamment :

- Pose de sonde naso-gastrique (SNG) ou de sonde de Blackmore

- Sclérose de varices œsophagiennes

- Dilatation de sténoses œsophagiennes...

Types de lésions

Lésions d'œsophagite avec parfois signes de complications : hémorragie, sténose, perforation.

Œsophagites caustiques

Remarques

- Ingestion volontaire ou accidentelle

- Environ 30% des cas chez des enfants (garçons > filles, ++ avant l'âge de 5 ans)

- Lésions dépendantes du pH du caustique, de sa consistance et de la quantité ingérée

NB : l'ingestion de piles boutons ou de pièces de monnaie expose à des brûlures de l'œsophage et à des perforations.

Orientation clinique

- Contexte évocateur

- Hypersialorrhée, brûlures de la muqueuse buccale (souvent associées à des lésions de stade > 2b)

- Complications les plus fréquentes : sténose œsophagienne (à distance de l'ingestion), pneumopathie d'inhalation, défaillance respiratoire, complications métaboliques.

Orientation endoscopique

- Endoscopie digestive haute à réaliser dans les 6 à 24 heures après l'ingestion (après TDM TAP+)

- Classification endoscopique des lésions, de Zargar :

Capture d’écran 2019-12-05 à 13.06.46.pn

Principes de prise en charge

- À proscrire en cas d'ingestion de caustique : vomissements forcés, lavage gastrique, ingestion de produits "neutralisants"

- Prise en charge spécialisée (plateau technique multidisciplinaire médico-chirurgical), en urgence avec notamment :

> avis auprès du centre anti-poison

> examen ORL

> tomodensitométrie thoraco-abdomino-pelvien avec injection (TDM TAP+)

> endoscopie digestive, dans les 6 à 24h, en présence du chirurgien viscéral, après TDM TAP+

> traitement chirurgical selon les cas 

> traitement par IPP pendant 6 semaines, d'abord en intraveineux puis relai per os dès que possible

> antibioprophylaxie probabiliste (céphalosporine et gentamicine)

> évaluation psychiatrique à prévoir chez l'adolescent et l'adulte

> suivi endoscopique au long cours (risque de développer un carcinome épidermoïde)

Œsophagites associées à une maladie systémique

Remarques

Lors de connectivites, notamment :

- Sclerodermie (CREST syndrome)

- Syndrome de Gougerot-Sjögren

Syndrome de Mallory-Weiss

Remarques

- Lacération longitudinale de la muqueuse du bas œsophage survenant lors d'efforts de vomissements et possiblement responsable d'hématémèse ;

- Généralement, spontanément favorable.

Orientation clinique

- Terrain : consommation d'alcool importante, hommes (80%), 40-60 ans, situations responsables d'une augmentation brutale de la pression intra-abdominale (vomissements répétés +++, toux chronique...) ;

- Hématémèse survenant après des vomissements répétés.

Orientation endoscopique

- Lacération longitudinale de la muqueuse du bas œsophage (jonction œso-gastrique) ;

- Parfois associées en cas de consommation alcoolique chronique : lésions témoignant d'une hypertension portale (varices œsophagiennes, gastropathie d'hypertension portale).

Principes de prise en charge

- Prise en charge initiale de l'hémorragie digestive

- Agir sur la cause des vomissements, si tel est le cas

- Traitement médical par IPP

- Traitement endoscopique d'hémostase si nécessaire

sources

Sources

actualisation

Actualisation de la page

Date de création : 03/12/2019

Date de dernière mise à jour : 09/12/2019

Date de dernière révision : 02/05/2020

bottom of page